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Le parcours atypique de la photographe Charlotte Abramow

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News / Trends

26.02.2017
Ecrit par Laura Lurquin

Derrière un travail abouti, un univers particulièrement construit, des mises en scène efficaces et des créations photographiques géniales, on découvre la jeune photographe belge Charlotte Abramow. Rencontre avec une figure montante de la photographie.

Jeune talent : Charlotte Abramow
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Foto © Sasha Marro

Quelle est ta première photo ?

Ma première photo doit provenir d’un appareil jetable que j’ai reçu à mon 7ème anniversaire. Je faisais des photos à la maison et dans la cour de récré  (la vie sans instagram d’une enfant de 7 ans).

Comment se passe ta vie à Paris ?

La vie à Paris est active, effervescente, parfois oppressante mais avant tout enrichissante de par sa diversité, son bouillon culturel, toutes les rencontres formidables que l’on peut y faire. 

Comment vis-tu le métier de photographe ?

J’ai la grande chance de pouvoir vivre de ma passion. Il y a des opportunités mais aussi de la concurrence, c’est pour ça qu’il est important de se démarquer par son univers personnel et le discours, l’identité que l’on peut apporter sur certains travaux. 

Quelle est ton approche de la photographie ?

Au fil du temps, je perçois de plus en plus la photographie comme un véritable moyen d’expression et de réflexion. Une image peut être très forte et inviter son spectateur à voir un sujet avec un autre regard, à se questionner. C’est cette approche de la photographie qui m’intéresse, que l’image soit un  portrait, une scène, une nature morte,… Depuis 2014, je travaille beaucoup sur le corps notamment la notion de rapport au corps, afin de détacher le corps de son aspect d’objet de désir ou de sujet de complexes.

Plus je grandis et découvre le monde, plus j’ai envie d’apporter un discours engagé dans mon travail. Je voudrais montrer toutes sortes de gens, de toutes les couleurs, de toutes les formes et de tous les genres. Je trouve que la diversité est une richesse fascinante, comme dans mon projet « The Real Boobs » qui montre un panel de différentes formes de poitrines et de seins. J’ai aussi une approche de la photographie comme d’une étude d’un sujet, comme un laboratoire.

"Je trouve que la diversité est une richesse fascinante"

Tu t’exprimes à travers tes photos ?

Oui, c’est ma manière de mettre artistiquement en scène des étapes que j’ai vécues ou des sujets qui me touchent : « Dear Mother », une exploration de la complexité de la relation mère-fille, ou encore « Métamorphosis », une étude de l’apparition de la puberté chez la fille via la métaphore des plantes. Personnellement, c’est aussi une manière pour moi de grandir et de m’intéresser au Monde qui m’entoure.

Quelle est ta plus belle réalisation ?

J’ai peut-être un point de vue trop subjectif et j’aurai beaucoup de mal à répondre à cette question.  Je pense que jusqu’ici, la série qui me satisfait le plus est « Métamorphosis » en collaboration avec le plasticien végétal Duy Anh Nhan Duc

Quels sont tes projets futurs ? Où te vois-tu dans 5 ans ?

Je suis actuellement entrain de travailler sur le Projet Maurice dont la sortie du livre et l’exposition à Paris sont prévues pour décembre 2017.

En parallèle,  j’ai commencé en avril 2015 un travail personnel de nu sur la diversité des corps féminins, en collaboration avec mon amie et make-up artist Ophélie Secq, comme une invitation à voir le corps avec un autre regard, celui de la curiosité. Pour ce projet également, j’aimerais aboutir à une exposition avec un potentiel support de livret ou de boîte de tirages sérigraphiés.

"Toi qui me lis : quel que soit ton corps, ton origine et ton âge, tu peux te proposer par mail à l’adresse contact@charlotteabramow.com"

Je voudrais aussi continuer la série « Etudes » dont le premier chapitre est une série de portraits d’Indira, une jeune fille suédoise de 16 ans au visage incroyable.

Projet Maurice : un travail différent ?

Mes images de Maurice sont forcément différentes puisqu’il y a un lien très fort entre nous et qu’il est mon père. Ce sont des images parfois à la limite du reportage, des images d’un vrai moment de vie, d’un parcours. On y parle d’intimité, de famille, de maladie, de peurs, de victoires… Cela aborde des questions angoissantes pour arriver à une finalité positive. C’est le degré de personnel qui finit par basculer dans l’universel : beaucoup de gens peuvent identifier Maurice à un père, un grand-père ou un autre proche qui est ou a été malade.

Quelle est ta plus belle aventure avec ton papa?

J’ai vécu beaucoup de beaux moments avec lui au quotidien, mais le Projet Maurice était quelque part une aventure inespérée. Arriver à vivre quelque chose d’ aussi unique, inédit, original que peut être le tournage d’un shooting photo sur 4 jours dans de surprenants décors et avec une grande équipe, c’est quelque chose d’extraordinaire pour un père et une fille comme nous, avec l’écart d’âge qui nous sépare (moi, 23 ans, lui 84 ans) et les séquelles de sa maladie. 

Quels sont tes meilleurs souvenirs sur un shoot ?

Mes meilleurs souvenirs sont sans conteste la semaine de shooting qui a eu lieu mi-décembre pour Projet Maurice. C’était magique, comme un rêve qui se réalisait : voir prendre forme et réalité les décors que j’avais dessiné, avec de splendides lumières et mon père habillé comme un prince. L’ambiance était géniale, toute mon équipe était adorable, généreuse, aux petits soins pour ma famille. J’ai vraiment aimé pouvoir partager cette expérience avec toute cette équipe. C’était fort et beau.

"C’était magique, comme un rêve qui se réalisait "

Les 5 chansons qui tournent en boucle dans ton Iphone

Migos – Bad and Boujee

Petit Biscuit - Jungle

Blondino – Bleu

Elsiane – Mend (To Fix, to Repair)

The XX - Dangerous

Quels sont tes bons plans pour sortir à Paris ?

Je suis assez casanière ou préfère les petites soirées  ou diners entre amis. Sinon, j’aime bien le Jangal, une boîte qui envoie des gros sons Hip-Hop. En revanche, j’adore manger, c’est ma passion, donc je peux vous lister mes restaurants préférés :  Yamamoto, rue Chabanais Paris 2, où j’ai découvert un véritable amour des sushis alors que je n’avais jamais aimé ça. Osterio dell’ Anima, rue Oberkampf, un tout petit restaurant excellent de pates maison italiennes. Vive les pâtes. Au Petit Riche, pour leur très bonne cuisine française et le décor agréable et intime. East Mamma, un super italien à l’ambiance géniale, mais y’a jamais de place tellement c’est prisé.

Retrouvez les travaux de Charlotte sur :

 





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